Château de Benauge et Sauveterre

Journée dans l’Entre-deux mers – 16 mai 2009 •


Nous avions rendez-vous à Sauveterre à 9h30, vers 10h nous avons commencé la visite de ce village guidé par Gérard Leconte qui nous a fait découvrir les détails de l’architecture mais aussi les motifs de création de ces bastides, nombreuses dans toute l’Aquitaine. On en dénombre 9 en Gironde : Blasimon, Cadillac, Créon, Libourne, Monségur, Pellegrue, Sainte Foy la grande, Saint
Gemme et Sauveterre de Guyenne.
Ces villes nouvelles ont été bâties par les rois de France et d’Angleterre, chacun voulant asseoir son autorité. Les terres ont été cédées par des seigneurs ou des abbayes.
Ce furent des villes nouvelles créées de toute pièce en épousant la topologie des lieux, avec une charte stipulant les droits et les devoirs de chacun de ses habitants. Elles sont toutes construites sur un modèle assez typique de place bordée d’arcades (couverts) au centre de laquelle il y avait jusqu’à la fin du XIXème siècle, une halle. Un maillage de rues tracées à angles droits
permet encore une circulation aisée.
Ces regroupements de population étaient très appréciés par les habitants car ces bastides furent fortifiées au moment des guerres. La sécurité y était assurée. De plus le commerce y était très organisé et c’est ainsi que les foires et marchés permirent le
développement économique de ces villes. Les vendeurs étrangers devant payer le leude impôt sur les marchandises venues de l’extérieur.
Sauveterre de Guyenne a été bâtie vers 1281 sous l’instigation du roi Edouard Ier d’Angleterre, les terrains cédés par les abbayes de Saint Ferme et de Blasimon.
Nous avons parcouru ce village et vu les 4 portes, de Saint Romain, de La Font, de Saint Léger et de Saubotte, dont certaines sont encore imbriquées dans les fortifications.
Puis nous avons poursuivi notre balade par le village de Castelmoron d’Albret, perché sur un promontoire, réputé pour être le plus petit de France avec 3,5 hectares. Sous un beau soleil nous avons admiré ce dédale de rues avec certains bâtiments du XVIIIème, des
fenêtres à meneaux des XVIIème et XVIIIème siècles, beaucoup de plantes fleuries et de rosiers dégoulinants de fleurs. A chaque détour de rue, quelques boutiques d’artisanat avec leurs enseignes rustiques. L’église Sainte Catherine et Notre Dame a un clocher mur. Sa construction a débuté au XIIIème et des restaurations nécessaires ont été faites à la fin du XIXème. Dans la Grande rue, une salle voûtée, qui devait être un temple protestant, a été aménagée en salle culturelle municipale. Le lavoir en contrebas ne manque pas de charme.
A midi et demie, un repas agréable et savoureux nous attendait à la ferme auberge du château Gauvry à Rimons.
A 15h30 nous étions attendus au château de Benauges par Jérôme De La Noé et Monsieur Journu, le propriétaire des lieux. Nous débutons la visite par la découverte historique du lieu commentée par monsieur Journu à l’aide d’une fresque et d’une maquette réalisée par un membre de l’association des Amis du château de Benauges qui veille et oeuvre à la restauration de cet édifice. Ce château a bien sûr vu défiler de nombreux propriétaires, sans oublier « la méchante comtesse » Jacquette de Gombaud marquise de Boursin Wawrans. En faisant le tour du vallum nous avons pu apprécier les travaux de remise en état effectués ainsi que l’ancienne entrée flanquée de deux tours massives avec des meurtrières à croix pattée qui permettait d’assurer la défense.
En contournant le château par l’Est nous avons pénétré dans la cour intérieure, laissant à droite les habitations actuelles du XVIIIe siècle, nous avons poursuivi cette visite par la partie la plus ruinée qui est l’ancien logis seigneurial et qui occupe maintenant les restaurateurs. La chapelle située au premier étage avec une très belle clé de voûte sculptée, et les armoiries de Jacquette de Gombaud sur la tour carré qui est l’une des plus anciennes partie du château, en sous-sol une belle cave voûtée a attiré les plus curieux d’entre nous. Il ne faut pas oublier le donjon de forme hexagonale, pièce maîtresse de la défense qui a été arasé.
Bien d’autres merveilles nous ont intéressé, mais après plusieurs heures de commentaires nous avons retrouvé le XXIème siècle.
Merci à Jérôme De La Noé de nous avoir concocté cette visite et à monsieur Journu d’avoir su la faire vivre avec passion.